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Déjà trois mois de lutte pour les Carrefour Market

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Lien publiée le 24 mai 2015

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://ccr4.org/On-prend-de-l-assurance-on-s

Voilà plus de trois mois que les « weekend de la colère » ont commencé chez Carrefour Market [1]. Ce vaste mouvement a touché une centaine de magasins à tour de rôle, pour des débrayages avec piquets, l’espace d’une matinée, réunissant parfois quelques dizaines, voire la quasi-totalité des salariés présents. C’est la provocation de la direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires sur les salaires qui a mis le feu aux poudres, convainquant l’équipe combative qui anime la CGT Carrefour Market à lancer la mobilisation. Ce mouvement est exemplaire à plusieurs titres, pour sa durée, pour la détermination qui s’exprime, dans un secteur particulièrement exploité, précarisé, où l’action syndicale et contestataire est tout sauf l’habitude, et parce qu’il a su, progressivement, tisser des liens avec l’extérieur. Cette dernière caractéristique pourrait s’avérer décisive, alors que le groupe Intermarchés vient d’annoncer un plan de licenciement de 447 postes, et que les salarié-e-s de Casino se sont rassemblés ce mardi en marge de l’assemblée des actionnaires du groupe, contre les conditions de travail et les salaires minables du secteur, soutenu par des travailleurs de Carrefour Market. C’est donc dans ce contexte que nous avons rencontré Fréderic, l’un des animateurs du mouvement, sur le piquet qui se tenait samedi dernier au matin devant le magasin de Boulogne Pont-de-Sèvres.

R.P. : Salut Frédéric, est-ce que tu peux nous expliquer le rôle que tu joues dans la grève ?

Je suis délégué syndical CGT de la région Paris Ouest, l’une des neuf régions selon notre subdivision. Il n’y a pas de hiérarchie, mais nous avons aussi quatre délégués nationaux et une déléguée centrale nationale, Fatiha. C’est une particularité de Carrefour Market, je crois que ça n’existe pas dans le code du travail, mais ça avait été négocié par les équipes qui étaient présentes avant. Moi je suis dans les Yvelines. Je suis caissier depuis 19 ans, j’ai fait 14 ans de station service, à l’époque où il y avait une présence de salarié-e-s sur les stations pour encaisser les clients. Ensuite ils ont supprimé les postes, et mon directeur de l’époque m’a dit vous voulez aller où ? Je lui ai dit j’aimerais bien aller en rayon, il m’a dit bon bah d’accord je vous mets en caisse ! Et depuis 5 ans je suis en caisse, et ce que j’aime sur ce poste c’est le contact des clients. Avec certains on refait le monde.

R.P. : Les clients sont solidaires du mouvement ?

Oui, car au fond ils comprennent bien qu’on ne peut pas vivre avec les minimas sociaux ou avec le SMIC. Pour ma part, je suis un peu au-dessus du SMIC depuis 19 ans, j’en n’ai jamais décollé. Avec 1100 euros, seul je ne pourrais pas vivre. Ce qui permet de s’en sortir c’est que ma femme travaille, à deux on arrive à payer le loyer et le reste, mais j’ai des collègues en très grave situation sociale alors qu’ils travaillent et à temps plein ! J’ai une collègue en particulier dont la situation m’émeut. Au 21e siècle, dans un des premiers pays industriels, elle qui est divorcée avec deux enfants en bas âge, le 15 du mois elle n’a plus une thune pour faire ses courses, et le soir pour ses enfants en bas âge elle fait des tartines avec du Benco. La misère sociale c’est une réalité, elle s’installe dans les magasins Carrefour Market. On a des salarié-e-s qui dorment dans leur bagnole, qui sont hébergés chez des amis, ou qui vivent à l’hôtel car ils ne trouvent pas de logements ! Moi je représente la CGT au fond de solidarité que Carrefour a mis en place, soit disant pour aider les salariés en grande difficulté. Quelle hypocrisie car l’entreprise en ne payant pas suffisamment ses salariés a, de mon point de vue, une grande responsabilité dans la situation sociale que vivent certains. Qu’ils augmentent les salaires, il y aura moins de dossiers au fond de solidarité à traiter ! On voit de plus en plus des situations très difficiles. Aujourd’hui, même avec le 1% logement, les bailleurs privilégient les futur-e-s locataires d’autres entreprises, aux situations plus stables car mieux rémunérés. Pour la plupart des salariés de chez Carrefour Market, il suffit d’un "accident de la vie" (un divorce, un conjoint(e) au chômage, la maladie...) et tu dégringoles, tu t’endettes, tu sombres... car avec nos salaires, il est quasiment impossible de se constituer une épargne pour "les coups durs". On est maintenu en "danger social permanent" !

R.P. : Comment est-ce que le mouvement a commencé ?

On avait déjà fait un premier mouvement en 2011, notamment pour obtenir les tickets restaurants. On travaille chez le premier employeur privé d’Europe et de France, et on n’avait rien de ce côté là ! Ensuite la colère s’est peu à peu accumulée au cours des années suivantes, car les négociations ne donnaient rien, systématiquement. En définitive, on s’est rendu compte que tout ce qu’on obtiendrait ce serait par la lutte, par le rapport de force. La direction peut céder des choses, mais elle ne les donne pas. Fort de ce constat, et s’apercevant que la situation se dégrade dans les magasins, que l’on n’y arrive plus avec nos salaires, on a décidé de se mobiliser et l’on a lancé les weekends de la colère. On a commencé à les faire relayer par les camarades des régions, et à construire un mouvement national.

R.P. : Quel a été le point de départ ?

On a commencé par mettre la pression avant les négociations annuelles obligatoires. On a fait une première action de grève dans 10 magasins les 6 et 7 février dont à Boulogne, ici même. Pour dire à la direction attention, on est mobilisés, vous ne nous roulerez pas dans la farine. Les NAO ont eu lieu...notre délégation de camarades a été très offensive, on avait préparé et bossé nos revendications en mettant en place un sondage national pour savoir sur quoi les salariés voulaient aller et on ne s’est pas contenter de les réciter lors de la réunion comme les autres délégations des autres syndicats...d’ailleurs on s’est demandé si les revendications des autres syndicats étaient vraiment celles des salariés ou des élus. Crois-tu comme le soutenait FO que les salariés des magasins réclamaient des fontaines à eau pour les salles de pause ? (rires). Bon au final la direction n’a rien lâché... en tout cas sur les vraies revendications de la CGT car les magasins auront leur fontaine à eau !!!(Rires). Voilà on a donc décidé de continuer, et cela fait trois mois !

R.P. : D’où vient ce slogan que vous reprenez tout le temps, sur la demi-baguette de pain ?

(rires) C’est vrai que parfois je me demande si les client-e-s lambda voient ce qu’il y a derrière ce slogan. Aux NAO, on a eu entre 0,5 et 0,7% d’augmentation selon les niveaux. Pour quelqu’un en caisse ça représente 32 centimes par jour, ce qui fait à peu près une demi-baguette en supermarché. On a donc pris ça, comme une manière de dire que la direction nous méprise, et puis "l’image parle"...On illustre ce que la direction nous propose en matière de progression de pouvoir d’achat ! Donner si peu, on l’a pris comme une provocation, une tentative d’humilier les salarié-e-s. On a donc réagi dans le même esprit que ce qui a été fait à Peugeot, il y a quelques temps, quand ils ont eu une prime de quelques euros et qu’ils ont décidé de tout regrouper et de le donner aux restos du cœur, pour soutenir les plus humbles. C’était à l’époque de la grève sur le site d’Aulnay [2]. On est des travailleur-se-s, on ne demande pas la charité ni des miettes à notre direction, on exige de vivre dignement avec nos salaires, et c’est tout.

R.P. : Il y a de l’argent dans le groupe Carrefour ?

Oui largement. Il y a 5 ans ils étaient dans une situation plus tendue selon eux, mais depuis ils ont considérablement relevé leur situation et gagné des parts de marché. Même dans certains pays très touchés par la crise ils avancent, comme en Espagne ou au Portugal. En 2014 c’est 2,5 milliards d’euros de bénéfices, une somme considérable, dont 46% ont directement été reversés aux actionnaires. Il y a du fric chez Carrefour, et ce n’est pas grâce aux actionnaires mais aux créateurs de richesses, grâce à nous les salarié-e-s. Nous on se défonce dans les magasins pour le service aux clients, pour qu’ils fassent leur course dans les meilleures conditions et qu’ils trouvent leurs produits en rayon. Sans nous les magasins ne tourneraient pas ! Les salarié-e-s doivent récoltés le fruit de leur effort et pas uniquement les actionnaires et les grands responsables de l’entreprise. D’ailleurs, c’est scandaleux, en 2012, le pdg du groupe s’est augmenté de 41.8% !!! Il gagne 350 SMIC par mois ! Je crois qu’au même titre que ce qui se passe aux Etats-Unis, le groupe Carrefour doit augmenter les bas salaires, il faut qu’on récupère du pouvoir d’achat...c’est même plus que ça, il faut que l’on vive avec nos salaires !

R.P. : Combien de magasins se sont mobilisés ?

On a un site internet (http:/www.la-cgt-chez-carrefourmarket.com) où l’on recense tous les magasins qui ont fait des actions, on est à une centaine sur les régions. Il y a des endroits plus actifs que d’autres, selon les élu(e)s, les régions... Dans le Nord, dans le Sud Est, un peu en Rhône Alpes notamment.

R.P. : Pourquoi est-ce qu’il n’y a que la CGT dans le mouvement ?

C’est une caractéristique du secteur d’avoir un syndicalisme bien soumis. Chez Carrefour Market [3] il n’y a que nous qui contestons. Les autres je les côtoie régulièrement en réunion de négo, le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont pas la « fibre militante ». C’est ridicule, souvent ils ne savent même pas quelles sont les revendications de leur organisation syndicale nationale. Ce sont des syndicats de collaborateurs, des « syndicats maisons » comme on dit. En l’occurrence, ils ont tous signé l’accord. La CFDT a fait un peu de cinéma en demandant un délai soit disant pour « consulter sa base », ils ont eu 4 jours puis ils ont signé. Il n’y a aucun boulot revendicatif, ils ne se mobilisent que pour les élections, et leurs élus, on ne les voit pas souvent dans les magasins. Une chose qui est symptomatique c’est que Fatiha est caissière, moi aussi, Laurent est en rayon, etc., alors que dans les autres organisations syndicales les dirigeant-e-s sont cadres comme le dirigeant de FO ou celui de la CFDT. Un responsable de la CFTC est un ancien directeur qui s’est fait viré de la CFE-CGC !!! C’est pas le même profil, pas le même projet... Quand certains d’entre nous veulent travailler à une transformation sociale, eux ils travaillent d’abord sur la transformation de leur évolution de carrière (rires) !

R.P. : Est-ce que le taux de syndicalisation peut augmenter dans le secteur avec le mouvement ?

J’aimerais te dire oui, on a pas mal de sympathisants CGT mais peu qui sautent le pas de la syndicalisation...mais on verra bien. A la CGT, on s’occupe de tous les salariés et de toutes les catégories de salariés même si ils ne sont pas syndiqués. Certaines organisations syndicales ne s’occupent que de leurs syndiqués... et obligent parfois les salariés à se syndiquer chez eux avant de s’occuper de leur problème. La mentalité à la CGT est différente...personnellement je pense que la syndicalisation doit venir du salarié, je n’oblige jamais personne à se syndiquer...ça doit venir du salarié, c’est un engagement qu’il prend tu vois... L’an prochain, il y aura des élections professionnelles, on verra comment l’attitude des uns et des autres dans le mouvement sera sanctionnée par les salarié-e-s. Si on est plébiscités comme la dernière fois, le message subliminal ce sera à nouveau que les salarié-e-s soutiennent le combat qui est mené, et veulent se mobiliser. On a été la seule organisation syndicale à défendre leurs intérêts. Mais on est aussi un secteur où règne le clientélisme, où les membres des organisations syndicales se battent avant tout pour des intérêts particuliers.

R. P. : Après 3 mois de mouvement, comment la direction réagit ?

Ils ont cherché à prendre contact avec Fatiha, notre déléguée centrale, pour nous demander d’arrêter les mouvements. Il y a eu quelques discussions avec la DRH, mais ils n’ont rien proposé de sérieux. La question que l’on pose c’est les salaires. Elle, elle nous a proposé « d’avancer sur la santé au travail », selon ses propos car elle proposait seulement de concéder aux salarié-e-s des Market les mêmes temps de pause que sur les hypermarchés c’est à dire 30 minutes par tranche de 7h car actuellement nous n’avons que 21. Par contre pour toutes les autres inégalités, elle s’y refuse de même pour les femmes enceintes, qui dans les hyper ont une pause allongée au bout de trois mois, et chez nous c’est au bout de cinq, comme si on ne faisait pas les même bébés. Nous on exige l’égalité, mais c’est évident que l’on ne va pas reprendre le travail après 3 mois de mouvement national juste parce qu’ils lâchent uniquement un petit quelque chose sur la pause.

R.P. : Quels ont été les moments forts du mouvement ?

Il y a beaucoup de choses, mais ça commence par le fait d’avoir pu s’organiser, et de plus en plus. Ensuite, d’être sorti de notre boite, ce qu’on ne faisait pas forcément avant. On s’est liés avec d’autres salarié-e-s qui ont les mêmes problèmes que nous. Ca nous a amené à nous rapprocher de collectifs, comme celui de Paris 8 à partir du meeting, à rencontrer les copains de Sud PTT, à faire des actions communes. Le 9 avril on a réussi à faire un gros cortège, et c’était une première. On se structure de mieux en mieux. Avant on se dispersait dans les cortèges lors d’une manif comme celle-là. Ce jour-là, on s’est dit on va faire comme les copains, on a acheté la sono, une grosse banderole, et on a réussi à faire un beau cortège bien visible des Carrefour Market, avec la CGT. Le matin on avait fait une belle action avec les postiers, les Paris 8, les étudiants, des collègues de KFC dont on a envahi le magasin après avoir fait un bon tour dans le Carrefour Market de Italie 2, et avant d’enchainer avec celui de Nationale, et un Mac Do ! Ces défilés dans les magasins, au début on n’aurait pas osé les faire, et maintenant c’est devenu comme une tradition. Ca montre qu’on prend de l’assurance, qu’on s’organise.

R.P. : Tu trouves que, d’ores et déjà, il y aura un avant et un après ?

Oui vraiment, car aujourd’hui à la CGT Carrefour Market on s’est structuré, organisé, pour certains "politisés"...tout ça donne une conscience politique qu’on n’a pas forcément au début. Je pense que la politique est partout, quand j’entends des organisations comme FO qui disent que la politique doit être dissociée du mouvement syndical je pense que c’est une arnaque, ce qu’on fait c’est politique. D’ailleurs la politique qui est faite aujourd’hui nous touche directement. Ça montre bien que les décisions politiques impactent la vie des travailleurs, que tout est interconnecté... On doit donc se défendre quand les politiques nous attaquent...Le syndicat, ce sont les travailleurs qui s’unissent pour défendre leurs intérêts. Moi, je n’avais pas de parents qui faisaient de la politique, quand j’étais étudiant, j’ai fait Devaquet (en 1986, ndlr) et d’autres mouvements, on était révoltés, on voulait changer le monde, faire notre mai 68 (rires) mais je n’avais pas encore de vraies convictions politiques...Et puis aujourd’hui, on sait ou on va, on a des projets...Je dirais qu’on a surement mûri syndicalement (Rires) !

R.P. : Et pour les suites, à quoi pensez-vous ?

On a plein d’idées ! La principale c’est le 28 mai, on va faire un gros rassemblement devant le siège. Ça aussi ça avait été un moment fort du mouvement, fin janvier dernier, quand on s’était rassemblés à Boulogne à une bonne centaine de salarié-e-s et de soutiens du mouvement. On va donc renouveler ça, à une échelle supérieure grâce aux personnes qu’on a rencontrées. On va rentrer en résistance ! On a aussi pensé à organiser un concert de soutien, car on veut commencer à se faire une caisse de grève. Pour nous c’est une idée nouvelle, on n’avait pas eu le réflexe. Le 9 avril un salarié de Sanofi est venu me voir, il m’a dit où est votre caisse de solidarité et l’on n’avait rien. On a compris peu à peu qu’il fallait qu’on en ait une pour que les collègues puissent entrer dans le mouvement plus facilement. Pour une journée de 8h, tu perds 80 balles, alors quand tu gagnes 1100 euros ça fait mal. Et ça va vite avec le mouvement qui dure. Pour donner un exemple, quand on a fait le piquet sur Epinay sur Orge (91), on a vu des collègues à l’accueil qui avait mis une petite pancarte en grève sur leur gilet, tout en continuant à travailler. Une collègue nous a expliqué qu’elle était seule avec ses enfants, qu’elle ne pouvait pas perdre de l’argent par la grève, mais qu’elle soutenait le mouvement à 100%, qu’elle adhérait aux revendications. Donc peut-être qu’avec une aide financière qu’on mutualiserait on pourrait aider des collègues qui veulent sortir du magasin pour faire grève à nous rejoindre, et ainsi d’avoir le temps de discuter, de s’organiser eux aussi.

R.P. : Qu’est-ce que tu penses des possibilités d’élargissement dans le secteur du commerce ? Parce que c’est un secteur énorme...

Bah écoute il y a plusieurs revendications communes, à commencé par les salaires. Les mobilisations se développent dans le commerce, ainsi que la présence syndicale d’ailleurs, en lien avec l’augmentation du volume d’emploi salarié ces vingt dernières années (du fait de la fermeture de milliers de petites boutiques tenues par leur propriétaires face à l’extension de la grande distribution, à travail salarié, ndlr). Et c’est plutôt une nouveauté, c’est un secteur qui était peu organisé. La fédération du commerce au sein de la CGT est amenée à prendre de l’importance. Pour lutter, on n’arrivera à rien sans l’union, c’est ça qui fait la force. Il y a un potentiel énorme si on fédérait toutes les enseignes, si l’on faisait des actions communes entre grands magasins parisiens, avec Auchan, Casino, Intermarché, et j’en passe. Rien que chez Carrefour, il faudrait relier les différentes unités du groupe, à savoir la logistique, les hypermarchés, les magasins de proximité comme Carrefour City, les hyper, pour une action commune. On y travaille...un camarade travaille à recenser les responsables syndicaux des unités du groupe. C’est clair que si on arrivait à bloquer les entrepôts, à débrayer les magasins quels qu’ils soient, un seul et même jour, on mettrait une pression gigantesque au niveau du groupe. Ce serait quasiment gagné. On est 30 000 rien que sur Carrefour Market, il suffirait d’une journée de grève totale sur les 450 magasins pour frapper très dur. Rien que sur mon magasin, en deux débrayages d’une demi-journée le directeur a parlé d’une perte de 70 000 euros. Donc tu imagines à l’échelle nationale. Pour l’instant les petits débrayages que l’on fait ça impacte l’image, ça nous permet de trouver l’appui des clients, mais on les fera plier plus vite si l’on s’en prend plus au chiffre d’affaire, si on leur fait sentir la révolte qui gronde dans les magasins...ça va venir, on est qu’au début de quelque chose qui va grandir, en tout cas on y travaille !!! (rires)

[1http://www.ccr4.org/Carrefour-Market-ou-la-colere-d-un

[2http://www.ccr4.org/Force-et-faiblesses-de-la-lutte-historique-de-PSA-Aulnay

[3http:/www.la-cgt-chez-carrefourmarket.com